Quotidien

Astuces d’une débutante pour tricoter ses premières chaussettes [DIY]

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Voici ma deuxième réussite en tricot et mon premier projet en jacquard.

Apprendre à tricoter n’est pas simple, même équipée d’un bon livre. Pour les bases, cela suffit, mais dès que l’on veut passer à des ouvrages plus complexes, certaines choses semblent aller de soi pour les tricoteuses, mais pas pour nous. Voici donc une compilation de mes trucs et astuces trouvés un peu partout sur la toile pour tricoter des chaussettes avec des aiguilles circulaires, en jacquard, avec un talon à rangs raccourcis et avec la méthode « bottom-up » (c’est-à-dire en partant des orteils).

Il y a des bases sur lesquelles je ne reviendrai par contre pas (augmentation/diminution, changement de pelote…). Vous pouvez néanmoins me poser des questions en commentaire s’il vous manque quelque chose et j’essaierai d’y répondre ! Concernant le tricot en aiguilles circulaires, pour les chaussettes, c’est ce qu’il y a de plus instinctifs je crois et ce n’est vraiment pas difficile de s’y mettre et de se laisser porter.

Pour ces chaussettes, j’ai utilisé des aiguilles circulaires en bambou en 2,5. J’aime bien ce diamètre car il permet une assez bonne élasticité du travail et c’est le diamètre le plus fin disponible en bambou (et ce sont vraiment les meilleures aiguilles !). En laine, j’ai utilisé de la laine d’alpaga DROPS Alpaca de groupe A (soit pour des aiguilles 2,5 à 3,5) 50g – 167m. Un peu plus d’une pelote entière de bleu marine et 3/4 de pelote en blanc. Ces laines ne sont pas très chères et vraiment, vraiment douces au toucher. Parfaite pour des chaussettes donc.

Le patron est celui-ci, trouvé sur Ralvelry. Je vous recommande de le recopier sur une feuille à petits carreaux afin de bien le comprendre et éviter de perdre trop de temps à le lire en plein ouvrage. Je vous guiderai aussi dans les étapes que je me suis créées puisque je l’ai un peu modifié.

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Le démarrage : le nombre de mailles qu’il vous faudra tricoter. Pour ce faire, il faut mesurer la circonférence de votre pied et faire un tableau en croix avec un échantillon réalisé par vos soins. Inutile de vous dire que dans ce cas là, ce sont les 4 chaussettes ratées et inachevées qui m’ont plus servies. Mais pour information, je fais la pointure la plus répandue chez les femmes, soit un 38 (un peu grand) et la circonférence de mon pied à l’endroit le plus large (au niveau de l’oignon du pied) est de 21 cm. Sur moi, cela donne 80 m au total (40 sur chaque aiguille). En longueur, même si cela ne viendra pas avant un bout de temps, 24 cm. Ne prévoyez une longueur trop courte car cela acccentuerait les frottements à l’avant et sur le talon et vous n’avez pas envie de faire un trou dans vos chaussettes tout de suite… Néanmoins, au pire, en tricotant la pointe et le talon d’une autre couleur, en cas de trou vous pourrez détricoter cet endroit et le retricoter.

Maintenant que vous êtes équipées, que vous avez recopié votre patron, voici le pas à pas pour la réalisation de ces chaussettes. J’espère qu’il vous sera utile en vous transmettant des astuces à utiliser dans toutes vos chaussettes ultérieures.

Première étape : le montage des mailles.

Voici la vidéo que j’ai utilisée pour apprendre la méthode Judy Becker.

Souvent, il est recommandé de monter 8 à 10 mailles. Je trouve que c’est insuffisant et que cela donne une pointe assez moche. Je préfère donc en monter 16 à 18 (selon la largeur de votre pied – 18 pour moi), d’une part parce que la phase d’augmentation est plus courte, et d’autres part parce que la pointe épouse plus souplement la forme du pied.

Si vous ne parlez pas anglais, reproduire les gestes de la vidéo est assez simple, mais il y a un petit truc : il faut tricoter par le brin arrière les mailles de votre deuxième aiguille afin qu’elles soient toutes tournées dans le même sens.

Une fois les mailles montées, vous pouvez augmenter tranquillement jusqu’au nombre de mailles désiré. Les augmentations se font un rang sur deux et en extrémité de rang. J’opte personnellement pour ce qu’on appelle l’augmentation barrée, soit celle montrée dans la vidéo.

Deuxième étape : inclure la deuxième couleur.

Une fois toutes vos augmentations terminées (si vous avez le même nombre de mailles que moi, cela doit mesurer environ 5 cm), il est temps d’inclure l’autre couleur. Voici la vidéo que j’ai utilisée pour cette étape. Les vidéos de ce site sont par ailleurs toutes très bien faites et je m’en suis beaucoup servies pour d’autres ouvrages ; je vous en recommande donc l’exploration.

Troisième étape : démarrer le jacquard.

On attaque les choses sérieuses. Avant de décomposer le motif : les bases pour ne pas trop s’emmêler et faire courir les fils derrière l’ouvrage afin de ne pas avoir de fils flottants à mélanger avec la technique de la vidéo DROPS. Chez moi, je me retrouve à bloquer le fil flottant en tricotant une fois par dessus ce fil et une fois par dessous. Mais chacun sa technique pour ça ! Ainsi que cette technique pour tricoter à deux mains (ça demande de l’entraînement, mais combiné à la vidéo précédente ça rend le jacquard facile !).

Pour info : je trouve que les fils flottants sont moins gênant à la verticale : quand vous avez fini un rang avec du jacquard, abandonner votre fil blanc (que vous avez fait courir jusque là) au niveau de la maille où vous le reprendrez quelques rangs plus haut et tricoter seulement avec le fil bleu (vous économiserez du fil blanc !) et reprenez-le au rang suivant où vous aurez du jacquard. Attention à ne pas trop tirer dessus pour ne pas déformer la chaussette. Si toutefois vous trouvez qu’il court trop longtemps, vous pouvez le bloquer sur 2 m (avec la technique du fil dessus-dessous) deux ou trois rangs après.

Ensuite, pour ce motif, vous pouvez voir que j’ai choisi d’insérer les flocons progressivement. Si vous vous souhaitez reproduire les mêmes chaussettes, vous pouvez suivre ce dégradé qui se réalise sur un peu moins de 6 cm. Comme je l’ai commencé assez tôt, j’ai continué le motif flocon sur 5 cm complémentaire jusqu’au talon (on y reviendra plus tard mais je démarre les préparations pour le talon vers 18cm pour mon pied – on en parle dans le point suivant).

Rang 1 : séparer les flocons de 14 m (toutes les additions se font par rapport à la ligne du dessus)
+7 rangs : séparer les flocons de 7 m
+5 rangs : intervalle de 3 m
+3 rangs : intervalle de 3 m
+2 rangs : intervalle de  3 m
+1 rang : intervalle de 3 m.

Comme sur le modèle, vous voyez que les flocons sont disposés en quinconques, n’oubliez donc pas de prévoir les alignements (pourquoi pas en griffonnant une représentation de cette progression sur une feuille).

Quatrième étape : augmentation de la cheville.

Les chaussettes faites main, peu importe le talon choisi (à rangs raccourcis, à l’allemande ou je sais pas quoi) ont toujours le passage de la cheville un peu serré (je trouve). J’augmente donc de quelques mailles le dessus de la chaussette juste avant d’entammer le talon.

A 18 cm de réalisation, soit environ – 6 cm de la longueur totale pointe-talon, j’augmente le dessus de la chaussette de 8 m au total. L’augmentation prend donc 8 rangs : augmenter de 2 m de chaque côté du dessus de la chaussette, une fois tous les deux rangs.

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Cinquième étape : talon à rangs raccourcis.

Attention : si vous voulez anticiper la profondeur de votre talon, sachez que cette mesure dépend du nombre de mailles dont est constitué le dessous de la chaussette. Dans notre cas, nous avons 48 m dessus et 40 m dessous. A titre indicatif, avec 40 m, mon talon fait 3,5 cm de profondeur et il démarre à 20,5 cm de l’ouvrage total.

Voici la vidéo qui m’a fait comprendre le principe du talon à rangs raccourcis.

(je vais essayer d’être le plus claire possible sur cette étape) Avec notre jacquard, afin de préparer les fils que vous allez utiliser, il faut démarrer ce talon sur un rang où toutes les mailles sont en bleu. Normalement, vous avez donc abandonné votre fil blanc au rang précédent sur la gauche de l’ouvrage côté talon (on part du principe que vous tricotez le dessus de la chaussette avant le dessous !).

C’est avec le rang bleu sur le dessous de la chaussette que le talon démarre officiellement. Avec votre fil bleu, vous vous arrêtez donc 1 m avant la fin du rang. Abandonnez votre fil bleu et reprenez votre fil blanc. Vous allez tricoter uniquement avec celui-là pendant un bout de temps. Avec le fil blanc, appliquez la méthode des rangs raccourcis comme expliqué dans la vidéo.

Pour renforcer votre talon, comme je l’ai fait, vous pouvez utiliser cette méthode :

Sur l’endroit du travail : glisser 1 m, tricoter 1 m, glisser 1 m etc. et terminer par 2 m tricotées.
Sur l’envers du travail : tricoter toutes les mailles à l’envers.

Astuce : j’ai cru remarquer que quand je tricote à l’envers, je dois tricoter les mailles endroits par le brin arrière. Peut-être que c’est moi qui ait un problème avec les mailles envers !

Une fois toutes les mailles récupérées, reprenez votre fil bleu à l’endroit où vous l’avez laissé.

Sixième étape : la jambe de la chaussette.

Vous l’avez remarqué, ce motif se répète sur 14 m. Si on le multiplie par 3 ça donne 42 m. Il nous faut donc 42 m de chaque côté (84 en tout). Par rapport aux 48 m que l’on avait sur le dessus de la chaussette (88 en tout), nous devons donc en éliminer 4, soit faire une diminution sur 2 rangs.

Continuez le motif flocon durant ces diminutions.

Vous avez toutes les clés en main maintenant pour finir ce motif jacquard !

Septième étape : la bande élastique et rabattre les mailles.

Votre chaussette est quasiment finie ! Sur le patron est inclue la progression qui va vous permettre de finir votre chaussette comme nous l’avons démarrée, tout en blanc (n’hésitez pas à rentrer le fil bleu progressivement une fois que vous en avez terminé avec lui, comme expliqué dans l’étape 2). Pour faire plus joli et pour assurer une élasticité du tricot autour du mollet, j’aime passer en côtes 2 – 2 (avec ce diamètre d’aiguille, c’est mieux que des côte 1 – 1 qui au final ne se voient pas).

Pour que tout soit vraiment parfait, tricotez le haut de la chaussette en blanc jusqu’à ce qu’il mesure autant que la pointe (environ 5 cm ici).

Arrive le moment de rabattre les mailles. Pour les chaussettes c’est crucial (et il faut le faire pour tous les tricots) de les rabattre avec une aiguille de diamètre supérieur à celles utilisées afin d’assurer la souplesse et l’élasticité des mailles rabattues.

A ces fins, j’utilise une aiguille à torsades de diamètre 5.

Astuce : souvent la dernière maille rabattue est ultra-moche et « dépasse » de la première quand vous avez fini votre tour. Pour éviter ce problème, quand il vous reste une maille à rabattre, glissez la dernière maille que vous venez de rabattre sur l’aiguille de gauche (la plus petite) et rabattez la maille de gauche sur celle de droite (vous rabattez à l’envers). Vous n’avez plus qu’à passer le fil dans la dernière maille, tirer et rentrer ce dernier fil !

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Ne paniquez pas si c’est long, je mets en moyenne 3 jours pour faire une chaussettet et je suis au chômage ! Néanmoins ce patron vous offre quelques rangs de répis dans une seule couleur, et en jersey, au final, ça passe vite !

Voilà, j’espère que tout ceci aura été clair et il ne vous reste plus qu’à tricoter la deuxième chaussette…

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